L’émergence du Conservatoire botanique pyrénéen
L’idée d’un conservatoire botanique pour les Pyrénées françaises a fait son chemin à partir de la fin des années 80 et fut abordé à plusieurs reprises par le Comité scientifique du Parc national des Pyrénées, qui en son temps s’était fortement impliqué dans la mise en place du jardin botanique de Gavarnie. En décembre 1990, un groupe informel se réunissait à Gabas au Centre d’écologie montagnarde. Début 1991, le Ministère de l’environnement sollicitait officiellement l’intervention du Parc national des Pyrénées et du Centre d’écologie montagnarde. Deux études de faisabilité furent par la suite réalisées (Lazare, 1993 ; Largier, 1994).
Fin 1994, le Parc national des Pyrénées en partenariat avec l’Office national des forêts et avec le soutien du Ministère mettait en place une mission de création formalisée en 1995 sous la forme d’un groupement d’intérêt scientifique avec un double objectif : développer un partenariat avec les collectivités locales et mettre en place une structure juridique appropriée, commencer à développer des actions relevant du cahier des charges des Conservatoires botaniques nationaux.
Le projet a alors rencontré le passé scientifique et notamment botanique, de Bagnères de Bigorre, avec les collections d’herbiers de la Société Ramond que le Muséum d’histoire naturelle de la ville avait su préserver, grâce à son regretté conservateur Philippe Mayoux. En 1996, la ville proposait comme siège du Conservatoire les anciens thermes de Salut, désaffectés depuis peu, avec la perspective de constituer là un pôle environnemental avec le Muséum municipal et le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement Bigorre-Pyrénées.
En juillet 1997, un groupe d’élus et de techniciens se rendait au Conservatoire botanique national de Gap-Charance et à son retour, les institutions partenaires du projet prenaient l’engagement solennel de créer le conservatoire botanique pyrénéen. La démarche de création arrivait à son terme le 11 octobre 1999, par la signature, par les préfets de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées, d’un arrêté portant création du syndicat mixte Conservatoire botanique pyrénéen, regroupant trois établissements publics de l’Etat avec lesquels existe une complémentarité de missions (le Parc National des Pyrénées, l’Office National des Forêts, l’Université Paul Sabatier de Toulouse) et quatre collectivités locales qui ont choisi de contribuer à la politique nationale de conservation de la biodiversité (le Conseil Régional de Midi-Pyrénées, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées, la Communauté de Communes de la Haute-Bigorre, la Commune de Bagnères de Bigorre).
Dès 2000, les premiers salariés du Conservatoire s’installaient à Bagnères dans les locaux de l’Observatoire du Pic de Midi, chaleureusement accueilli par une équipe qui peu de temps après quittait Bagnères avec regrets pour aller rejoindre le pôle universitaire tarbais. Pendant ce temps, la Communauté de Communes et la Ville rénovaient les Bains de Salut pour accueillir le Conservatoire dès octobre 2001, et le Muséum en 2003.
