Connexion utilisateur

 Ce site est en construction...

Au nom de mes collègues et amis du Laboratoire de botanique et biogéographie, du Laboratoire forestier, de l’Université Paul Sabatier et du Conservatoire botanique de Bagnères de Bigorre, je souhaite rappeler quelques traits marquants de la personnalité et de la carrière d’André Baudière.

Avant qu’il arrive à Toulouse, nous connaissions André comme botaniste et homme de terrain. Mais c’est lorsqu’il a pris la direction du Laboratoire de Botanique et Biogéographie et qu’il commença ses enseignements, que nous avons compris que nous avions avec nous non seulement un botaniste de renom mais également un grand enseignant.
En complément de ses enseignements en salle, toujours clairs et précis, c’est lors des sorties sur le terrain qu’il donna toute la mesure de son savoir et de la pertinence de ses observations, passionnant les étudiants et ses collègues.
Le Laboratoire Arago de Banyuls devint alors, pour la botanique toulousaine, un lieu de référence. Certains stages furent des moments d’anthologie et ceux qui y participèrent les garderont pour toujours en mémoire.
André étonnait son auditoire d’abord par une connaissance intime du terrain. Rien ne lui était inconnu dans les Pyrénées méditerranéennes. Ensuite, il passionnait grâce à une parfaite connaissance de la flore associée à une grande clarté dans ses explications. Mais lors de ces stages, la flore n’était qu’un des éléments du milieu naturel et André, bien avant la mode actuelle de l’écologie, avait compris l’importance d’une prise en compte globale du milieu. Il avait notamment perçu et décrit très tôt, grâce à ses études sur les pelouses d’altitude, l’impact des modifications climatiques en cours.
Son ouverture d’esprit, il la mettait au service de son enseignement. Il communiquait ses connaissances parce qu’il était à la fois passionné et ouvert aux autres. Et sa passion fut contagieuse, comme en témoignent, la longue liste des étudiants de 3eme cycle qu’il forma, et les nombreux stages qu’il dirigea dans les Pyrénées méditerranéennes, notamment pour des étudiants et collègues suisses et hollandais.
Lors de son départ à la retraite, l’extraordinaire rassemblement de ses collègues et anciens élèves venus des quatre coins de France, du Maroc, d’Algérie… témoigna de l’importance des liens scientifiques et affectueux qu’André créa tout au long de sa carrière. Celle-ci fut le résultat d’une grande activité associée à une étonnante résistance, mais elle fut également liée au soutien constant de Marie Claude, son épouse, et de toute à sa famille.
Pour nous ses collègues, ses articles fondateurs, ses leçons d’écologie dans les pelouses d’altitude ou dans la garrigue, les moments festifs partagés, la disponibilité et l’indulgence dont il fit toujours preuve, c’est de tout cela dont nous lui sommes redevables et que nous garderons en mémoire.

Guy JALUT
20 juillet 2010