Le Genévrier thurifère (Juniperus thurifera L.), petit arbre des montagnes du pourtour occidental de la Méditerranée inféodé aux rochers et sols calcaires chauds et secs des étages collinéen et montagnard est rare dans les Pyrénées françaises. Il n’y est connu qu’en deux localités, dans le secteur de Marignac en Haute-Garonne et en amont de Tarascon, dans l’Ariège.

L’espèce est protégée en Midi-Pyrénées et les thuriféraies françaises sont classées comme habitats prioritaires par la Directive européenne 92/43 (Directive habitats). Les populations pyrénéennes sont localisées dans des sites du réseau Natura 2000, et ont fait l’objet de recensements et d’études sur leur biologie, leur écologie et leur dynamique démographique.

La population de la montagne de Rié (31), victime d’une incendie lors d’un orage en 2003, fait l’objet d’un suivi depuis 2001.

L’état des lieux initial a conduit à cartographier les arbres et à décrire la structure de la population. Après l’incendie, l’inventaire de la thuriféraie pure, renouvelé tous les 2 ans depuis 2004, montre que seuls 20% des arbres ont survécu. En 2010, 1255 genévriers thurifères ont été répertoriés au total, dont 994 individus préexistants à l’incendie et 261 jeunes plants issus de germination après l’incendie de 2003.

Cette vague de germination paraît étroitement liée à l’effondrement des populations de ravageurs des galbules, mise en évidence par l’INRA d’Orléans.
L’étude de la dynamique de la végétation montre une progression importante des essences arborées et arbustives autres que le genévrier thurifère, notamment en zone de mélange. Dans la thuriféraie pure, la progression des ligneux autres semble se stabiliser en 2010.

Les résultats de cette étude seront présenté,s par le Conservatoire et l’Office national des forêts, au IVème colloque international sur le Genévrier thurifère qui se tiendra à Saint-Crépin et Mont-Dauphin (05) du 5 au 8 octobre 2011.

 

Le Genévrier thurifère (littéralement Genévrier porte-encens) fait partie de la famille des Cupressacées. Ses feuilles, d'un vert glauque, sont en forme d’aiguille sur les jeunes individus, et en écailles opposées et disposées sur 4 rangs sur les adultes ;  les cônes femelles et les cônes mâles sont portés par des pieds différents (espèce dioïque). Les graines sont contenues dans une grosse baie globuleuse (10 mm), noir-bleuâtre couverte d'une pellicule glauque (pruine).